
Avec l’événement Michael Phelps d’en fin de semaine, les plus sarcastiques d’entre nous trouveront la couverture médiatique surfaite. Après tout, ce n’est qu’une Coupe du Québec. Mais il y a à mon avis deux autres angles beaucoup plus positifs d’analyser la chose.
Premièrement, c’est la seule nouvelle sportive qui ne couvre pas un sport non-professionnel : entre la Coupe Stanley, le retour possible de la Formule I, et les performances absolument formidables d’Alexandra Wozniak depuis 2 semaines, c’est une rare occasion pour le sport amateur de faire les manchettes. Car les rares fois où nous parlons sport amateur aux nouvelles, c’est souvent pour parler dopage sportif. Ce matin donc, quelle couverture. Rien de moins que la ‘une’ de La Presse ainsi que la ‘une’ du cahier des sports du même journal. Par contre, cette nouvelle ne raconte que ‘les faits’ : soit le nouveau style moulin à vents de M. Phelps. Et lundi on ne rapportera que d’autres faits : soit le bilan de médailles gagnées ainsi que sa signature du livre d’or de la Ville de Montréal en compagnie du maire Gérald Tremblay.
Mais toutes ces nouvelles ne couvrent aucunement l’autre angle d’analyse du bienfait de Michael Phelps à Montréal : une idole.
Lorsque j’avais 12 ans, mon idole s’appelait Greg Yackenberg, détenteur du record du monde au 200m papillon à l’été 1975. Malheureusement pour lui il a souffert d’une mononucléose à l’hiver 1976 le clouant au lit pour les essais américains en vue des Jeux de Montréal de 1976. Bref, mon idole que j’avais eu la chance de rencontrer au P.E.P.S. lors d’une compétition invitation, m’a démontrée en une seule année, qu’en plus d’être un nageur extraordinaire et un homme magnifiquement beau (ça revient encore! ), il était humain car la maladie pouvait lui aussi l’atteindre. Comme disait Pierre Lafontaine cette semaine, j’ai compris à 12 ans, que tout comme Greg, j’avais aussi 2 bras et 2 jambes et que pour moi aussi, toute performance était possible. Et puis, les Olympiques de Montréal sont arrivés. Mon père avait dégarni son porte-feuille pour garnir nos mains de billets. J’ai donc assisté à bien des épreuves dont celle du 100m dos de l’américain John Nabor. Ma sœur Sylvie le voyait elle de beaucoup plus près puisque qu’elle était hôtesse à la remise de toutes les médailles de natation…. Elle a même eu une ‘date’ avec John. Et j’ai par conséquent eu droit à un autographe signé sur un billet de métro du dieu du dos de cet été-là.
J’ai malheureusement égaré mes deux autographes mais j’ai toujours en tête la fierté et surtout la motivation que ces ultras brèves rencontres m’ont apportées. Alors je souhaite à tous les mini-Phelps de ce monde, de gagner assez de détermination en fin de semaine, pour savoir si bien se servir de leurs 2 bras et leurs 2 jambes dans une piscine!